
Après leur victoire l’an passé, Henri Demesmaeker et Rasmus Rosengren seront forcément très attendus. D’autant que le duo belgo-suédois arrive à Saint-Barth auréolé du titre de champion d’Europe F18, décroché cet été en Italie.
Un statut que le Belge assume avec sérénité : ”Franchement, on ne se met pas la pression plus que ça ! On va essayer d’être focus sur la régate et de profiter. Lors des derniers Championnats d’Europe, notre sponsor nous avait conseillé de “surtout et avant tout prendre du plaisir”. Ça nous a bien réussi, on va partir sur le même mindset.”
L’an passé, les deux hommes avaient construit leur victoire sur la régularité et la constance. Une recette qu’ils comptent bien appliquer à nouveau : “La Cata Cup se joue effectivement sur la régularité. Il faut bien naviguer pendant le Tour de l’île et faire de belles manches, quitte à être conservateurs quand il faut, sans prendre trop de points sur les régates côtières qui sont parfois compliquées.”
Sur le papier, le duo est redoutable. Mais à la Cata Cup, un choix tactique, un incident technique ou quelques secondes perdues peuvent suffire à rebattre les cartes. Bref, il ne faut pas vendre la peau du Belge avant de l’avoir supplanté !

Parmi les 42 équipages engagés, nombreux sont ceux qui peuvent prétendre au titre ou venir jouer les trouble-fête sur le podium.
Patrick Demesmaeker, le père d’Henri, qui vient de remporter l’European Tour F18, sera une nouvelle fois de la partie, associé à son fidèle équipier Olivier Gagliani, alias « 3 Pommes ». Avec quasiment toutes les éditions de la Cata Cup au compteur, les deux hommes connaissent le plan d’eau par cœur. “Ils savent très bien où il faut passer. Ils peuvent être de bons “penons” devant nous, confirme Henri. Quand ils prennent une option, on peut se dire qu’elle est sans doute très bonne ! “
Les Américains auront également de sérieux arguments à faire valoir. Les Froeb père et fils, Dalton Tebo ou encore Matthieu Marfaing ne font certainement pas le déplacement jusqu’à Saint-Barth uniquement pour admirer le paysage !
Côté français, Victorien Erussard retrouvera son complice de longue date Fred Moreau. Un duo expérimenté, qui connaît bien la Cata Cup et entend bien jouer les premiers rôles.
« C’est un peu cliché mais naviguer au chaud au début de l’hiver et prendre du plaisir sur l’eau, avec et contre les copains, c’est toujours top ! Il va nous falloir reprendre nos marques mais on espère bien jouer devant et le plus haut possible. On est dans de bonnes dispositions avec, de surcroît, un bateau qu’on connaît bien. Le plateau est quand même riche, les places dans le top 10 vont être chères : ça va être robuste ! »
Gurvan Bontemps retrouvera cette année Arnaud Jerlegan pour former un équipage qui aura forcément son mot à dire sur les parcours techniques et exigeants de Saint-Barth.
On surveillera également de près les frères Boulogne qui, à bord du dernier-né des chantiers Boulogne, le Cirrus 3, ne se contenteront certainement pas du titre de rois de la tarte aux pommes !

Cette année, la délégation argentine comptera six équipages dont celui de Federico Reim et Pablo Völker (champion du monde F18 en 2024 avec Fédérico Polimeni).
Pour Federico, ce sera une première à Saint-Barth, avec forcément une certaine impatience : “Ceux qui sont déjà venus ici ne cessent de répéter que c’est LE meilleur championnat auquel participer, alors forcément, les attentes sont très élevées ! “
Les deux hommes naviguent ensemble depuis le début de l’année et sont encore en phase de construction. Leur objectif : prendre du plaisir, apprendre et “d’essayer d’intégrer le Top 10. Et si nous pouvons nous battre pour une place dans le Top 5, ce sera encore mieux ! ”.

La Cata Cup sera également l’occasion de voir évoluer Mathilde Lovadina, actuellement engagée dans la préparation des Jeux olympiques de Los Angeles en 49er FX. Pour sa troisième participation à Saint-Barth, cette incursion en F18 constitue une véritable bouffée d’oxygène au cœur d’une préparation hivernale dense :“Cette régate m’apporte de la fraîcheur et me permet de trouver de nouvelles sensations. Et, on ne va pas se mentir, aller naviguer au chaud au mois de novembre, c’est toujours trop cool ! “
Le changement de support offre également un autre terrain de jeu tactique, entre raids et parcours différents de ceux qu’elle rencontre habituellement en 49er FX.
Mathilde fera partie des quatre femmes engagées sur cette 18e édition.

Tous ne viennent pas à Saint-Barth avec l’ambition de décrocher le titre. Pour certains équipages, la Cata Cup est avant tout l’occasion de progresser au contact des meilleurs.
C’est notamment le cas du Néerlandais Karel Van der Poel, 31e l’an passé après des manches irrégulières : “On aimerait beaucoup revenir pour voir si on peut faire mieux en équipe la deuxième fois et obtenir des résultats plus réguliers.”
Car c’est aussi cela, la Saint Barth Cata Cup : un rendez-vous où les meilleurs viennent se confronter, mais où chacun peut trouver son propre défi.
Et si la bataille promet d’être intense sur l’eau, la convivialité restera, comme chaque année, au cœur de l’événement. Quatre jours de régates pour se mesurer aux meilleurs, progresser, partager et profiter d’un terrain de jeu exceptionnel.